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Page:Verlaine - Œuvres complètes, Vanier, II.djvu/156

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bonheur

Sans compter qu’au rimeur, pour en parler, alors !
Pauvre et fier, il ne reste qu’à mourir dehors
Ou tout comme, en ces temps vraiment trop peu propices.
Et mourir pour mourir. Muse qui me respices,
Autant le faire ici qu’ailleurs, et même mieux,
Sinon qu’ici l’on est tout « laïque », les vieux
Abus sont réformés et le « citoyen » libre !
Et fort ! doit, ou l’État perdrait son équilibre,
Avec ça qu’il n’est pas à cheval sur un pall !
Mourir dans les bras du Conseil Municipal,
Mal rassurante et pas assez édifiante
Conclusion pour tel, qu’un vœu mystique hante
Moi par exemple, j’en forme l’aveu sans fard,
Me dût-on traiter d’âne ou d’impudent cafard,
La conversation, dans ce modeste asile,
Ne m’est pas autrement pénible et difficile !
Ces braves gens, que le Journal rend un peu sots,
Du moins ont conservé, malgré tous les assauts
Que « l’Instruction » livre à leur tête obsédée ;
Quelque saveur encor de parole et d’idée ;
La Révolution, qu’il faut toujours citer
Et condamner, n’a pu complètement gâter
Leur trivialité non sans grâce et sincère.
Même je les préfère aux mufles de ma sphère
Certes ! et je subis leur choc sans trop d’émoi.
Leur vice et leur vertu sont juste à point pour moi
Les goûter et me plaire en ces lieux salutaires
(A comme moi) des espèces de solitaires,