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Page:Verlaine - Œuvres complètes, Vanier, II.djvu/155

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X


Écrit en 1888.


Le « sort » fantasque qui me gâte à sa manière —
M’a logé cette fois, peut-être la dernière
Et la dernière c’est la bonne — à l’hôpital !
De mon rêve à ceci le réveil est brutal
Mais explicable par le fait d’une voleuse
(Dont l’histoire posthume est, dit-on, graveleuse)
Du fait d’un rhumatisme aussi, moindre détail ;
Puis d’un gîte où l’on est qu’importe le portail ?
J’y suis, j’y vis. « Non, j’y végète », on rectifie ;
On se trompe. J’y vis dans le strict de la vie,
Le pain qu’il faut, pas trop de vin, et mieux couché !
Évidemment j’expie un très ancien péché
(Très ancien ?) dont mon sang a des fois la secousse,
Et la pénitence est relativement douce
Dans le martyrologe et sur l’armorial
Des poètes, peut-être un peu proverbial.
C’est un lieu comme un autre, on en prend l’habitude :
À prison bonne enfant longanime Latude.