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Page:Verlaine - Œuvres complètes, Vanier, II.djvu/122

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amour

— Ami, je viens parler à toi.
— Commence par prier pour moi.

Bien pieusement je me signe
Devant la croix de pierre et dis
En sanglotant à chaque ligne
Un très humble De profundis.

— Alors ta belle âme est sauvée ?
— Mais par quel désir éprouvée !
 
Les fleurettes du jardinet
Sont bleuâtres et rose tendre
Et blanches, et l’on reconnaît
Des soins qu’il est juste d’attendre.

— Le désir, sans doute, de Dieu ?
— Oui, rien n’est plus dur que ce feu.
 
Les couronnes renouvelées
Semblent d’agate et de cristal ;
Des feuilles d’arbres des allées
Tournent dans un grand vent brutal.
 
— Comme tu dois souffrir, pauvre âme !
— Rien n’est plus doux que dans cette flamme.