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Page:Verlaine - Œuvres complètes, Vanier, I.djvu/343

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Sylvandre, presque naïf.

Ah ! c’en est trop, je souffre et je m’en vais pleurer.

Chloris, touchée, mais gaie.

Ah ! c’en est trop, je souffre et je m’en vais pleurer.Viens,
Enfant, mais souviens-toi que je suis infidèle
Souvent, ou bien plutôt, capricieuse. Telle
Il faut me prendre. Et puis, voyez-vous, nous voici
Tous deux bien amoureux, — car je vous aime aussi, —
Là ! voilà le grand mot lâché ! Mais…

Sylvandre

Là ! voilà le grand mot lâché ! Mais… Ô cruelle
Réticence !

Chloris

Réticence ! Attendez la fin, pauvre cervelle.
Mais, dirais-je, malgré tous nos transports et tous
Nos serments mutuels, solennels, et jaloux
D’être éternels, un dieu malicieux préside
Aux autels de Paphos —

(Sur un geste de dénégation de Sylvandre.)

Aux autels de Paphos —c’est un fait — et de Gnide.
Telle est la loi qu’Amour à nos cœurs révéla.
L’on n’a pas plutôt dit ceci qu’on fait cela.