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Page:Verlaine - Œuvres complètes, Vanier, I.djvu/342

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Que vous invoquez là d’un penchant présumé
De mon cœur pour le vôtre, aspirant bien-aimé.
— Au fait, chacun de nous vainement déblatère
Et, tenez, je vais dire mon caractère,
Pour qu’étant à la fin bien au courant de moi
Si vous souffrez, du moins vous connaissiez pourquoi,
Sachez donc…

Sylvandre

Sachez donc… Que je meure ici, ma toute belle,
Si j’exige…

Chloris

Si j’exige… — Sachez d’abord vous taire. — Or celle
Qui vous parle est coquette et folle. Oui, je le suis.
J’aime les jours légers et les frivoles nuits ;
J’aime un ruban qui m’aille, un amant qui me plaise,
Pour les bien détester après tout à mon aise.
Vous, par exemple, vous, monsieur, que je n’ai pas
Naguère tout à fait traité de haut en bas,
Me dussiez-vous tenir pour la pire pécore,
Eh bien, je ne sais pas si je vous souffre encore !

Sylvandre, souriant.

Dans le doute…

Chloris, coquette, s’enfuyant.

Dans le doute« Abstiens-toi », dit l’autre. Je m’abstiens.