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Page:Verlaine - Œuvres complètes, Vanier, I.djvu/252

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Et c’est Niobé qui s’effare
Et garde fixement des yeux
Sur les dalles de pierre rare
Ses enfants tués par les cieux.

Le souffle expire sur sa bouche.
Elle meurt dans un geste fou.
Ce n’est plus qu’un marbre farouche
Là transporté nul ne sait d’où !…

La douleur chrétienne est immense.
Elle, comme le cœur humain,
Elle souffre, puis elle pense.
Et calme poursuit son chemin.

Elle est debout sur le Calvaire
Pleine de larmes et sans cris.
C’est également une mère.
Mais quelle mère de quel fils !

Elle participe au Supplice
Qui sauve toute nation,
Attendrissant le sacrifice
Par sa vaste compassion.

Et comme tous sont les fils d’elle,
Sur le monde et sur sa langueur