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Page:Verlaine - Œuvres complètes, Vanier, I.djvu/210

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« Ô ceci n’est pas le bonheur,
Veillez, Quelqu’un l’a dit que j’aime,
Veillez, crainte du Suborneur,

« Veillez, crainte du Jour suprême !
Qui je suis ? me demandais-tu.
Mon nom courbe les anges même ;

« Je suis le cœur de la vertu,
Je suis l’âme de la sagesse,
Mon nom brûle l’Enfer têtu ;

« Je suis la douceur qui redresse,
J’aime tous et n’accuse aucun,
Mon nom, seul, se nomme promesse,

« Je suis l’unique hôte opportun,
Je parle au Roi le vrai langage
Du matin rose et du soir brun,

« Je suis la Prière, et mon gage
C’est ton vice en déroute au loin ;
Ma condition : « Toi, sois sage. »

— « Oui, ma Dame, et soyez témoin ! »