Page:Verhaeren - Poèmes, t2, 1896.djvu/87

Cette page a été validée par deux contributeurs.
83
les débacles


HEURES D’HIVER


Les molosses d’hiver, le gel, le vent, la neige,
Ô mon vieux cœur de lassitude et de souci,
Ils hurlent à la mort, écoute ! et leur cortège
S’enfuit, avec des pleurs, vers le néant. Voici,
Qu’ils ululent sinistrement et qu’on ulule
Vers eux, parmi les lourds échos du crépuscule,
En réponse, là-bas.
L’horizon ? c’est du sang,
Du pus et de la lèpre et de la pourriture.
Et toi, mon cœur piteux, caduque et vieillissant,
Et toi, mon incurable et nocturne blessure,
Tu sens aussi ces chiens rués, à travers toi.