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les soirs


LES ARMES DU SOIR


Tandis que la nuit froide étage sa terrasse
Par au-delà des bruyères et des forêts,
Le soir qui meurt, le soir ! jette sur les marais,
L’éclair de son épée et l’or de son armure,

Qui vont flottant au flot le flot, flottants et vains,
À peine encor frôlés par la splendeur diurne,
Mais lentement baisés, par la lèvre nocturne
De la lune pieuse et douce, aux mains d’argent,