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les flambeaux noirs


LES VILLES


Odeurs de suif, crasses de peaux, mares de bitumes !
Tel qu’un lourd souvenir lourd de rêves, debout
Dans la fumée énorme et jaune, dans les brumes,
Grande de soir ! la ville inextricable bout
Et roule, ainsi que des reptiles noirs, ses rues
Noires, autour des ponts, des docks et des hangars,
Où des feux de pétrole et des torches bourrues,
Comme des gestes fous et des masques hagards
— Batailles d’ombre et d’or — s’empoignent en ténèbres.
Un colossal bruit d’eau roule, les nuits, les jours,