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Page:Verhaeren - Poèmes, t1, 1895, 2e éd.djvu/63

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LA GRILLE


Avec de la fureur et du métal tordu
Et du soleil sauvage et de l’ombre, la grille
Comme une bête en fer fourmilleusement brille
Et se hérisse et fend le dallage fendu
Et, transversalement, coupe les stalles fières.
Buissons de dards, fleurs d’aiguilles, bouquets de pointes,
Lances d’acier, faisceaux de morsures — disjointes
Et plus cruelles ainsi sur les barres altières.

Au fond, le tabernacle est imposé, vainqueur,
Et l’ostensoir fulgure et la grille qui mord
Paraît, entre ses dents, broyer des choses d’or
Quand on voit à travers étinceler le chœur.