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Page:Verhaeren - Poèmes, t1, 1895, 2e éd.djvu/57

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LA NUIT


Depuis que dans la plaine immense il s’est fait soir,
Avec de lourds marteaux et des blocs taciturnes,
L’ombre bâtit ses murs et ses donjons nocturnes
Comme un Escurial revêtu d’argent noir.

Le ciel prodigieux domine, embrasé d’astres,
— Voûte d’ébène et d’or où fourmillent des yeux —
Et s’érigent, d’un jet, vers ce plafond de feux,
Les hêtres et les pins, pareils à des pilastres.