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Page:Verhaeren - Poèmes, t1, 1895, 2e éd.djvu/45

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LES VIEUX ROIS


Hommes stérilisés par des siècles d’ennui
Et de virginités posthumes et pourries :
Vos mains ? du fer ; vos cœurs ? du bronze et de la nuit.
Et vos ongles et vos deux yeux ? des pierreries.

Immobiles soleils, étincelants et noirs,
Assis sur des trônes d’ébène, armés de gloire
Et d’or. Masques rêveurs et grands comme les soirs,
Et calcinés comme les rocs d’un promontoire.

Vieillards redoutables et vieux comme les mers,
Qui regardez en vous pour voir toute la terre,