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Page:Verhaeren - Poèmes, t1, 1895, 2e éd.djvu/37

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AU CARREFOUR DE LA MORT


I


Hélas, ton corps ! ô ma longue et pâle malade,
Ton pauvre corps d’orgueil parmi les coussins blancs !…
Les maux serrent en toi leur nerveuse torsade
Et vers l’éternité tournent tes regards lents.

Tes yeux, réservoirs d’or profond, tes yeux bizarres
Et doux, sous ton front plane, ont terni leurs ardeurs,
Comme meurent les soirs d’été dans l’eau des mares,
Mélancoliquement, dans tes grands yeux tu meurs.

Tes bras qui s’étalaient au mur de ta jeunesse,
Tel qu’un cep glorieux vêtu de vins et d’or,