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Page:Verhaeren - Poèmes, t1, 1895, 2e éd.djvu/25

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LES CIERGES


Ongles de feu, cierges ! — Ils s’allument, les soirs,
Doigts mystiques dressés sur des chandeliers d’or,
À minces et jaunes flammes, dans un décor
Et de cartels et de blasons et de draps noirs.

Ils s’allument dans le silence et les ténèbres,
Avec le grésil bref et méchant de leur cire,
Et se moquent — et l’on croirait entendre rire
Les prières autour des estrades funèbres.

Les morts, ils sont couchés très longs dans leurs remords
Et leur linceul très pâle et les deux pieds dressés