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MOINE SAUVAGE


On trouve encor de grands moines que l’on croirait
Sortis de la nocturne horreur d’une forêt.

Ils vivent ignorés en de vieux monastères,
Au fond du cloître, ainsi que des marbres austères.

Et l’épouvantement des grands bois résineux
Roule avec sa tempête et sa terreur en eux,

Leur barbe flotte au vent comme un taillis de verne,
Et leur œil est luisant comme une eau de caverne.