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Page:Verhaeren - Poèmes, t1, 1895, 2e éd.djvu/181

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AUX FLAMANDES D’AUTREFOIS


Au grand soleil d’été qui fait les orges mûres,
Et qui bronze vos chairs pesantes de santé.
Flamandes, montrez-nous votre lourde beauté
Débordante de force et chargeant vos ceintures.

Sur des tas de foin sec et fauché, couchez-vous !
Vos torses sont puissants, vos seins rouges de sève,
Vos cheveux sont lissés comme un sable de grève,
Et nos bras amoureux enlacent vos genoux.

Laissez-vous adorer, au grand air, dans les plaines,
Lorsque les vents chauffés tombent du ciel en feu,
Qu’immobiles d’orgueil, au bord de l’étang bleu,
Dans les midis vibrants et roux, trônent les chênes.