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Page:Verhaeren - Poèmes, t1, 1895, 2e éd.djvu/178

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LES VIEILLES


Les chairs, les belles chairs en fleur des gouges mortes,
Jeunes encore, où vont-elles ? et qui de nous
Les verra resplendir ailleurs, rouges et fortes,
Et les adorera, toujours à deux genoux !
Souvent, lorsque Juillet flamboie, on rêve d’elles,
De leurs beaux corps défunts, qu’on a connus jadis,
Et plus haut que ne va le vol des hirondelles,
Près des cieux, on croit voir de lointains paradis
Embrasés de lumière et tapissés de nues,
Où l’œil vainqueur, les seins sortis du corset d’or,
Des anneaux de rubis cerclant leurs jambes nues,
Le front plaqué d’un feu de soleil qui s’endort,