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Page:Verhaeren - Poèmes, t1, 1895, 2e éd.djvu/174

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LES FUNÉRAILLES


Voici huit jours qu’a trépassé le vieux fermier
Qui, rond par rond, thésaurisa dans un sommier
Tant d’or et tant d’argent que son énorme bière
Semblait lourde d’écus quand on le mit en terre.

La cloche a vacarmé longtemps en son honneur
Et les notes battu leur danse en ton mineur,
Mais aujourd’hui ses quatre fils offrent à boire
Tant que l’on veut pour qu’on se soûle à sa mémoire.

Dans leur maison, ils ont rangé trente tonneaux
Pour des gosiers beaux et clairs, tels des anneaux,
Et prétendant que tous aient une part des fêtes
Ils ont donné du sucre et de la bière aux bêtes.