Ouvrir le menu principal

Page:Verhaeren - Poèmes, t1, 1895, 2e éd.djvu/170

Cette page a été validée par deux contributeurs.



AMOURS ROUGES


Et qu’importent les mots méchants et les parlotes
S’ils ont la volupté de se sentir à deux ?
Que lui font l’œil mauvais et les cris de bigotes,
Quand au soir descendant, au long du chemin creux.
Il la sent s’allumer de charnelles tendresses,
Qu’il l’étreint contre lui, regarde longuement
Son cou large, où sont faits des coins pour les caresses,
Ses yeux d’où sort l’ardeur de son embrasement ;
Qu’elle vibre et s’affole et s’offre tout entière,
Que la rage d’aimer l’enflamme, qu’elle veut,
Tant le sang de son cœur lui brûle chaque artère,
Tant hurlent ses désirs et ses instincts en feu,