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Page:Verhaeren - Poèmes, t1, 1895, 2e éd.djvu/135

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LES VERGERS


Hôtes du moineau preste et du merle siffleur :
Des arbres vieux, moussus, les branches étagées,
Baignaient dans le soleil de Mai, sur vingt rangées,
Leurs dômes élargis dans toute leur ampleur.

Les bourgeons sous l’éclat de la jeune chaleur
Pointillaient les rameaux de rosâtres dragées,
Les verdures vêtaient les cimes de frangées,
Les vaches, le pis lourd, vaguaient dans l’herbe en fleur.

Les pommiers au matin se couvraient de buées,
Qui séchaient lentement ainsi que des suées.
Midi pénétrait l’air de longs accablements.

Le soir, quand le soleil flambait dans les nuages,
On croyait, à le voir cribler d’or les branchages,
Qu’un grand feu crépitait dans un tas de sarments.