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Page:Verhaeren - Poèmes, t1, 1895, 2e éd.djvu/133

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DIMANCHE MATIN


Les nets éveils d’été des bourgades sous branches
Et sous ombre coupée au vent — et les roseaux
Et les aiguilles d’or des insectes des eaux
Et les barres des ponts de bois et leurs croix blanches

Et prés de beurre et lait — et métairie en planches
Et le bousculement des baquets et des seaux
Autour de la mangeoire, où grouillent les pourceaux,
Et la servante, avec du cru soleil aux manches ;

Ces nets éveils dans les matins ! — Des mantelets,
Des bonnets blancs et des sarreaux, par troupelets,
Gagnaient le bourg et son clocher couleur de craie.

Pommes et bigarreaux ! — Et, par dessus la haie,
Les fruits rouges tentaient, et, dans le verger clair,
Brusque, comme un sursaut, claquait du linge en l’air.