Ouvrir le menu principal

Page:Verhaeren - Poèmes, t1, 1895, 2e éd.djvu/101

Cette page a été validée par deux contributeurs.



QUELQUES-UNS


Plus loin que les soleils, une ville d’ébène
Se dresse et mire énormément en leur cerveau
Son deuil et sa grandeur de morte ou de caveau.
La terre ? elle a passé. Le ciel ? se voit à peine.
Et de l’ombre toujours, immensément toujours.
Un horizon d’ivoire y traîne des suaires
Sur des monts soulevés en tertres mortuaires
Qui n’ont plus souvenir de ce qui fut les jours.
Et des passants muets marchent dans les soirs blêmes,
Hommes pleins de douleurs, vieux de tristesse, seuls.

Ils ont plié leurs ans ainsi que des linceuls ;
Ils sont les revenus de tout, même d’eux-mêmes ;