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L’Étrangère


Ses yeux disaient « Adore-moi,
Comme on aime les eaux, le vent, les bois,
Le jus des fruits et les rosées.
Voici les sèves épuisées
Des mois qui sont la kermesse des fleurs ;
Allons-nous en. Rentrons. Aimons ailleurs :
Les feuilles tombent
Et par les champs s’épand l’humidité des tombes.
Pourtant, bien que le sol soit mort,
Mon corps,
Ainsi qu’une fête d’été
Vers ton désir s’incline encor.