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Le Bain


Mon corps,
Il fut trempé dans le limon et l’eau ;
Mon corps,
Il fut tanné aux vents d’Escaut !


Bonnes heures chaudes et ardemment mûries,
Quand on partait en troupe, au loin, par les prairies,
Chercher la crique et l’abri sûr,
Où les herbes hautes, comme un mur,
Nous isolaient des yeux allumés sur les routes.
Le bain était chauffé par l’ample été vermeil
Et la clarté y filtrait toute,