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Les champs, les bourgs, les villes,
Réglant partout les cœurs serviles
Des horloges et les tics-tacs sous les manteaux
Des lourds beffrois monumentaux.
Et son pouvoir et sa fortune
S’arrondissaient en or comme la lune
Qui tout là-haut clignant de l’œil
Lui souriait, madrée.
Il fut la légende de sa contrée,
Et tous lui prodiguaient le bon accueil,
Jusques au jour où ceux de son village
Tout en lui dépêchant un attelage
Pour l’amener chez lui, ainsi qu’un roi,
L’acclamèrent, mais avec défiance,
Sentant que désormais sa nocturne science
Serait moins son orgueil que leur effroi.

Du jour que l’horloger m’eut raconté l’histoire
De son triomphe et de sa gloire
Je vins plus ardemment encor chez lui
Et m’y fixais jusqu’à la nuit.
Ô ce monde cabalistique !
J’en fus hanté : mes yeux distraits
S’y attachaient, le pénétraient ;