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Dans les maisons, où les mioches,
Autour des foyers d’or, l’hiver,
S’instruisent, en des livres clairs,
Comme des gens de la basoche.


On l’aperçoit, les soirs de vent,
Par la lucarne à tabatière,
Longer les étroites gouttières.
Il vient et va, pousse en avant,
S’arrête — et puis revient encore ;
Son cheval suit tous les chemins
Qu’il lui suggère, avec la main,
Et quand parfois, au loin, s’essorent
Ses hauts galops silencieux,
Sa sueur blanche et son écume
S’entremêlent, comme des plumes,
Aux nuages qui vont aux cieux.


Où ne va-t-il ? — Dieu seul le guide,
Sur l’échiquier géant des tours
Et des pignons des carrefours,
Par les grand’routes translucides.