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Page:Verhaeren - Les Rythmes souverains, 1910.djvu/17

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I



Des buissons lumineux fusaient comme des gerbes ;
Mille insectes, tels des prismes, vibraient dans l’air ;
Le vent jouait avec l’ombre des lilas clairs,
Sur le tissu des eaux et les nappes de l’herbe.
Un lion se couchait sous des branches en fleurs ;
Le daim flexible errait là-bas, près des panthères ;
Et les paons déployaient des faisceaux de lueurs
Parmi les phlox en feu et les lys de lumière.
Dieu seul régnait sur terre et seul régnait aux cieux.
Adam vivait, captif en des chaînes divines ;
Ève écoutait le chant menu des sources fines,
Le sourire du monde habitait ses beaux yeux ;
Un archange tranquille et pur veillait sur elle