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Vous existez en moi, fleuves, forêts et monts,
Et vous encor, mais vous surtout, villes puissantes,
Où je sens s’exalter les cris les plus profonds
D’âge en âge, sur la terre retentissante.

Vos gestes sont précis, si vos espoirs sont fous,
Vous vivez mille instants en un instant fugace,
Vous créez votre force avec toutes les races,
Et le rythme du siècle est votre rythme à vous.

Ô morts, couchés de cimetière en cimetière,
Au long des plaines de la terre,
De quel frémissement doivent trembler vos os