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Page:Verhaeren - Les Aubes, 1898, éd2.djvu/74

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pouvoir rien, sans que je vous y aide. J’ai en mes mains toute la force morale et profonde d’Oppidomagne.




LE CONSUL


Vous oubliez ce que serait un écroulement d’empire. Tous les
intérêts anciens, toutes les habitudes séculaires le soutiennent. Et nous avons pour nous l’armée.


HÉRÉNIEN


L’armée ? dites les chefs — car les soldats hésitent ou
protestent. Ils sont à la veille de se joindre au peuple. Ils sont mon espoir et votre crainte. S’ils vous obéissaient tous, si vous ne craigniez un énorme soulèvement populaire et militaire, vous auriez déjà bombardé l’Aventin.

Un silence.
Enfin, vous venez me prier, n’est-ce pas, d’aller là-haut, sur la montagne, parmi des tombes, enjoindre à des opprimés de descendre au milieu de ceux qui les ont asservis. Oh ! je vois bien tout le danger et le péril de ma mission.



LE CONSUL


Vous vous trompez. La Régence vous prie d’annoncer