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Page:Verhaeren - Les Aubes, 1898, éd2.djvu/72

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LE CONSUL


L’homme de gouvernement et d’intelligence que vous êtes, sait
mieux que personne combien nous avons répandu au loin le nom et l’influence d’Oppidomagne.
Son histoire est celle des grands Régents
Et des Consuls, qui sous des cieux d’or enflammés,
Sur un sol rouge où s’allumait du sang,
Jusques au bout du monde,
Aimantèrent, avec leur geste, ses armées.
En ce temps là, nos angoisses étaient fécondes !
Le peuple et ses chefs furent tous deux
Rivaux d’ardeur dans la conquête. Et ceux
Là-bas, qui nous cernent et nous assiègent,
Savent quel frémissement triomphal et vermeil,
Jadis, nos drapeaux fous
Ont fait courir, sur leurs plaines de neige.
Oppidomagne est magnifique aux yeux de tous ;
Oppidomagne est immense par la mémoire
Qu’en ont gardé la mer, la terre et le soleil ;
Le crime et les exploits se partagent la gloire
Vous ne voyez, vous ne montrez que les crimes…