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Page:Verhaeren - Les Aubes, 1898, éd2.djvu/65

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Soit submergé, sous ces vagues de flamme ;
Que le faisceau noueux des destinées
Qu’elle détient encore
Se brise, en ses mains acharnées,
À cette heure, contre la mort ;
Que les jardins des demains clairs
Dont elle ouvrit les portes
Soient dévastés, à coups d’éclairs,
Et encombrés de choses mortes,
C’est impossible — et qui le dit est fou.
Oppidomagne, avec tous ses espoirs
Et ses fanaux qui triomphent des soirs,
Demeurera debout,
Aussi longtemps que des hommes pareils à moi
Auront en eux du sang, pour féconder leur foi
Et façonner le monde avide et vieux,
Selon la volonté des nouveaux dieux !


CLAIRE


Oh ! les transes et les deuils que nous allons subir !


HÉRÉNIEN


Quels qu’ils soient, je te défends de t’en plaindre.