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Page:Verhaeren - Les Aubes, 1898, éd2.djvu/49

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Scène deuxième


     Au lever du rideau, un cordon de troupes à cheval, barre la porte d’Oppidomagne. Les soldats travaillent à faire sauter les ponts du fleuve. Sur les talus et les remparts, des patrouilles montent la garde. Un général inspecte l’horizon, sa lunette à la main. Il surveille ce qui se passe, tandis qu’une estafette accourt remettre à l’officier, qui commande les cavaliers, un ordre.


L’OFFICIER, (lisant)


« Ordre est donné de ne laisser pénétrer dans la ville, personne ;
sauf le tribun Jacques Hérénien. Il importe qu’il comprenne la faveur qu’on lui fait. On lui résistera pour la forme. »
(Signé) La régence d’Oppidomagne.


Hérénien débouche par la grande route, suivi de la multitude des loqueteux, des femmes, des ouvriers, des fermiers et des vieillards. Après s’être rendu compte qu’entrer dans la ville lui sera difficile, il s’avance seul vers l’officier.