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Page:Verhaeren - Les Aubes, 1898, éd2.djvu/47

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LE VOYANT


Les temps qui sont venus, devaient venir
Où la ville, qui fut le merveilleux miroir
Où se miraient, pour s’éblouir,
Les yeux du monde
Au soir des temps, disperse au loin sa gloire.

Oppidomagne !
Avec tes ponts, tes quais, tes colonnes, tes arches,
Voici venir vers toi
Les horizons en marche.

Oppidomagne !
Avec tes tours, tes monuments, tes beffrois
Voici saigner et s’étaler sur tes murailles,
Le deuil en feu des funérailles.

Oppidomagne ! Voici l’instant
Où tout s’efface, où tout se décompose,
À moins que tout à coup,
Debout,
Quelqu’un d’énorme ne s’impose !