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Page:Verhaeren - Les Aubes, 1898, éd2.djvu/33

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puisque j’ai les plaines autour de moi. Je te demande une grâce, c’est que tu ne défendes pas au vieux curé d’approcher.


JACQUES HÉRÉNIEN


Mon père, en toutes tes volontés, en tous tes désirs, tu
seras obéi. Faut-il que je m’éloigne ?


PIERRE HÉRÉNIEN


Il faut être seul pour se confesser.

Hérénien s’écarte. Le prêtre s’approche. Le père Ghislain accoste timidement le tribun. Il lui parle pendant la confession.



LE PÈRE GHISLAIN


Monsieur Hérénien, je le vois, vous êtes resté bon. Je vous
croyais autre. Vous dominez Oppidomagne et dans nos fermes on a parlé de vous… Mes fils vous défendaient… Peut-être ont-ils raison… Mais enfin, maintenant que la campagne est morte, dites-moi, d’où va nous venir la vie ? Où trouver un coin pour semer les