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Page:Verhaeren - Les Aubes, 1898, éd2.djvu/27

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La terre était docile aux gens et aux aumailles,
Les lins montaient comme un bonheur en fleur.
Mais aujourd’hui ! le sol fait peur. —
Certes, a-t-il fallu violer quelque chose
De souterrain et de sacré —
Tout appartient à la houille, terrée
Jadis dans la nuit close.
Des rails noueux, sur les plaines armées
De signaux d’or, se tordent ;
Des trains rasent les clos et perforent les bordes ;
Les cieux vivants sont dévorés par les fumées ;
L’herbe saine, la plante vierge et les moissons
Mangent du soufre et des poisons.
C’est l’heure,
Où s’affirment, terriblement vainqueurs,
Le feu, les plombs, les fontes ;
Et l’on croit voir l’enfer, qui monte !

Les mendiants se reculent et ne menacent plus.



UN MENDIANT


Le pauvre homme !