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Page:Verhaeren - Les Aubes, 1898, éd2.djvu/25

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Jusqu’aux nuages,
Et les flammes mordent le ciel !


LE PÈRE GHISLAIN


Eh bien ? Et puis, que veux-tu que cela me fasse ?
Et que la plaine et que les bois s’annulent
Et que les vents, les airs et les cieux brûlent
Et que la terre enfin, comme un caillou se casse.

Changeant de ton :


Tantôt ce mendiant parlait de me tuer…

Au mendiant Benoit :


Mais fais-le donc, et promptement !
Voici mes mains, voici mes bras prostitués
Au travail nul ; voici mon front et son entêtement,
Voici ma peau flétrie en tous ses pores,
Voici mon dos, voici la loque humaine
Et la ruine que je traîne
Depuis des ans, depuis des ans !
Je demande, vraiment, pourquoi je vis encore…