Ouvrir le menu principal

Page:Verhaeren - Les Aubes, 1898, éd2.djvu/20

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Depuis que je m’en vais, m’arrête et puis m’en vais encore
Barrant de mauvais sorts
Leur porte où je mendie,
Mes mains ont propagé leurs maladies,
Mes mains ont déterré leurs morts
Pour les voler, mes mains séniles
Ont bâillonné et violé leurs filles,
Je les exècre autant qu’on peut
Dans ce monde, haïr des hommes ;
Et c’est le moins qu’on les assomme
À coups de gaule et de pieux.


UN VIEILLARD


À quoi bon les assommer ? Ils ne nuiront plus ; ils sont
plus misérables que nous-mêmes.


LE MENDIANT BENOIT


Tais-toi, tu es déjà trop vieux, pour être encore un homme.

Des bandes nouvelles se précipitent dans le chemin d’Oppidomagne. Un groupe d’ouvriers parait. L’un d’entre eux s’adresse aux mendiants.