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Page:Verhaeren - Les Aubes, 1898, éd2.djvu/132

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orageuse et superbe. Vous rencontrerez sur votre chemin deux casernes, dont les soldats se joindront aux vôtres ; et vous serez au cœur de la ville que la Régence sera sourde et sommeillante encore.

Alors seulement, vous vous présenterez à la porte de Rome. L’affolement de nos maîtres et de leurs partisans nous servira. Seuls les cinq cents gardes consulaires leur resteront fidèles. Toutes les autres troupes, casernées au Palais, vous accueilleront d’enthousiasme. Si un combat s’engage entre les gardes et nous, laissez aux nôtres le soin de régler l’affaire. Restez en dehors de toute querelle. Il ne faut pas que vous tiriez un coup de fusil.


HORDAIN


Nous ferons scrupuleusement ce que vous conseillez.


HÉRÉNIEN


Vous seuls, comme vainqueurs, pouvez réaliser notre rêve.
Toujours les révolutions commencent par l’abdication d’un privilège : vous renoncerez à la victoire.


UN OFFICIER


Notre roi seul voulait la guerre.