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Page:Verhaeren - Les Aubes, 1898, éd2.djvu/128

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pensée et la justice humaines. Ah ! ces veillées amicales et ardentes ! Vous ne saurez jamais vous autres, gens d’Oppidomagne, combien un livre peut opérer de miracles sur les âmes graves, frustres et profondes des contrées d’ombre et de solitude, là-bas !



Hordain et Hérénien arrivent presque en même temps, chacun d’un côté différent ; ils sont accompagnés d’officiers et de soldats.



HORDAIN


Je viens à vous, fier de vous connaître. Il n’est guère d’idée qui ne
nous soit commune.


HÉRÉNIEN


J’ai bien senti par vos lettres que je pouvais placer en vous tout
mon espoir. Tous les deux, nous jouons notre vie, tous les deux, nous nous aimons dans une même idée profonde et magnifique ;
Et qu’importe qu’on nous nomme des traîtres :
Jamais nous ne nous sommes sentis
Plus fiers, plus nets, plus maîtres
De l’avenir. Dites, regardons-nous