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Page:Verhaeren - Les Aubes, 1898, éd2.djvu/118

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qu’on l’adopte. Il y a huit jours, les ministres décident une sortie générale, par la porte de Rome ; ils parviennent à la faire voter : aucun consul ne se met à la tête des troupes.

Chaque régent m’a dépêché son émissaire : même entre eux, ces vieillards ne s’entendent pas. Ils ressemblent à de pauvres chouettes en cage, dont on ferait tourner les perchoirs. Ils s’affolent, crient, et leurs yeux se ferment devant l’incendie des jours. Ils se rejettent les maladresses, les fautes, les crimes. Ils ont peur d’être responsables. Que faire ? — devient la devise de leur règne.


CLAIRE, (entrant)


L’émissaire est arrivé.


HÉRÉNIEN


Qu’il entre. — (Se tournant vers Haineau et Le Breux) :
Je vous ai montré la situation ici, chez nous, dans la ville ; vous allez juger de ce qui se passe là-bas, chez l’ennemi. Après, vous comprendrez que la guerre n’est plus possible.

(Présentant l’émissaire à Le Breux et à Haineau).