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Page:Verhaeren - Les Aubes, 1898, éd2.djvu/106

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CLAIRE


Il y a bel espoir.


HÉRÉNIEN


Non, non, il y a certitude !
Malgré ces cris têtus, malgré leur multitude,
Je distingue déjà comme un bouquet de mains
Qui se tendront vers ma force, demain.
Mon grand passé revient à la mémoire,
En un reflux de souvenirs
Et d’écumes de gloire…

Comme se parlant à lui-même :

Je tiens, en ces deux poings, captif, tout l’avenir :
Ceux qui me bravent,
Autant que ceux dont j’ai la foi,
Au fond de leur conscience, le savent.
Le beau rêve, qui s’est fait chair en moi,
Plus que jamais me redemande à vivre ;
Voici les temps et les heures dont je suis ivre.
Que m’importent, et ces clameurs et ces grands cris
Et ces rafales terroristes :