Page:Verhaeren - Les Ailes rouges de la guerre, 1916.djvu/48

Cette page a été validée par deux contributeurs.


Braquent vers lui leur feu terrible.
Il n’est sainte ni saint, il n’est Vierge ni Dieu,
Il n’est pignon, il n’est muraille,
Qu’ils n’atteignent des éclats noirs de leur mitraille.
Les tours, les grandes tours,
Et l’abside brillante et l’obscur baptistère
Sont cernés à leur tour,
D’une ceinture de tonnerres :
Partout le crime ordonne et prodigue la mort.

Alors,
Ce qui fut la splendeur des choses baptisées :
Ogives vers leur voûte immobile élancées,
Verrières d’ombre et d’or, transepts, piliers géants,
Orgues faisant un bruit d’orage et d’océan,
Cryptes dont les grands morts hantaient les labyrinthes,
Douces mains de la Vierge, et regards purs des saintes,
Tout, jusqu’aux bras du Christ, immense et pardonnant,
Est brusquement broyé sous le piétinement
Du plus rageur des sacrilèges.