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LES TOMBES


Ô peuple de héros par la mort transformés,
Depuis que vous voilà disparus sous la terre,
Dans l’innombrable deuil et dans la nuit austère
Vous êtes la clarté de l’ombre où vous dormez.

Des grèves de la Flandre aux confins de l’Istrie,
Où que le sol renferme et blanchisse vos os,
Une Europe tout autre éclôt de vos tombeaux
Et rassemble les fleurs des nouvelles patries.