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Page:Verhaeren - La Guirlande des dunes, 1907.djvu/99

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Les Plages


Plages vides, avec toujours les mêmes flots
Poussant les mêmes cris et les mêmes sanglots
De l’un à l’autre bout des rivages de Flandre ;
Dunes d’oyats aigus, monts de sable et de cendre,
Pays hostile et dur, et féroce souvent,
Pays de lutte et de ferveur, pays de vent,
Pays d’épreuve et d’angoisse, pays de rage,
Quand s’acharnent sur vous les tournoyants orages
Et leurs vagues d’hiver dressant toujours plus haut
Sous les brouillards, leurs funèbres monuments d’eau,
Soyez remerciés d’être tels que vous êtes,
Tels que la mort, tels que la vie et ses tempêtes !


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