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Page:Verhaeren - La Guirlande des dunes, 1907.djvu/96

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Ô vous, les flots massifs des funèbres automnes,
Vous les blocs d’ombre et d’écume en voyage,
Du fond des mers vers les rivages,
Dites, de quels coups lourds et monotones,
De quels tonnants coups de marteau
L’avez-vous assailli, le clair et triomphant bateau
Qui s’en allait sur l’eau ?

Et vous, l’Est, l’Ouest, le Sud, le Nord — toutes les rages
Des cyclones tournants et des volants orages,
Et vous, la pluie et le brouillard que le vent chasse
De l’un à l’autre bout des mers et de l’espace,
Dites, dans quel tumultueux et vague étau
L’avez-vous donc tordu, le rouge et frémissant bateau
Qui s’en allait sur l’eau ?

Son mousse et ses marins l’aimaient d’amour tenace ;
Il était la maison ailée où leur audace
Luttait, parmi les vents rageurs et les courants.
Saints Pierre et Paul, ses deux patrons, étaient garants
De sa fortune heureuse à travers l’aventure,
Toute voile vibrait autour de sa mâture.