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Page:Verhaeren - La Guirlande des dunes, 1907.djvu/94

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Au loin, le soir tombant,
On voit surgir leur flottille dorée,
Avec les fleurs d’écume de la marée,
Autour d’elle, superbement.
Et l’on descend la voile — et la barque inlassable,
Jusqu’à demain, s’échoue et s’endort sur le sable.



Et les vieilles et les mères et les gamins
Heureux, impatients, avides,
Attendent là, avec des paniers vides,
Les poissons d’or, de givre ou de carmin.
On travaille dans l’eau, culotte retroussée,
On boit, dûment, un coup d’alcool,
Les ancres sûres mordent le sol,
Une glissoire d’or sur la mer embrasée
Court. Et chacun regagne, à larges pas,
Avec sa charge au dos, lourdement balancée,
Par les dunes et leurs sillages,
Le blanc village
Dont les chaumes fument, là-bas.