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Page:Verhaeren - La Guirlande des dunes, 1907.djvu/93

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Brusques clartés, intermittents éclairs.
Parfois y apparaît, ainsi que la folie,
L’œil fixe et phosphoreux des cabillauds rôdeurs,
Tandis qu’au fond calmé des profondeurs,
Raie et turbot, limande et plie,
Sur un sol plane et finement sablé,
Se reposent, se combattent, se multiplient.



Les vieux patrons et les marins hâlés
Savent, d’après le vent et l’heure,
Quelle pêche sera meilleure
Et quel filet, solide et long,
Avec ses rêts pesants de plomb,
Il faut descendre au flanc des barques lentes ;
Patiemment, ils vont traçant des sentes
Sur l’arène des flots pâles, là-bas,
Jusqu’à l’instant où tous les bras sont las,
Et que la cale
Déborde enfin, sous un amas de poissons gras.



Ils reviennent sans faire escale.