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Page:Verhaeren - La Guirlande des dunes, 1907.djvu/92

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C’est la plaine des mâts, des voiles et des hunes,
Et des filets qui s’acharnent à la moisson
Souterraine des beaux poissons
Couleur de lune.

À droite, à gauche, à l’infini,
Au long de la côte râpée et nue
Dorment, en leur repos que les courants remuent,
Les sables blancs, jaunes ou gris :
Le pêcheur les connaît : son œil sagace
Voit, dirait-on, à travers l’eau :
Il arrête toujours l’élan de son bateau,
Juste à la place
Où le butin s’amasse.


Matins blafards, midis ardents, soirs purpurins,
L’hiver, l’été, selon l’heure opportune,
Il va du banc des Chiens marins
Aux bancs d’Ostende et de Wendune.
Les gazons verts, les fucus bleus
S’y développent, en longs jardins visqueux,
Qui s’affaissent ou se soulèvent,
Au va-et-vient des poissons clairs
Et coruscants, comme des glaives.


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