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Page:Verhaeren - La Guirlande des dunes, 1907.djvu/90

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Toute la menace des flots géants
Est rappelée ainsi aux pauvres gens :
Le vent ! Le vent !
Le champ des eaux qu’il creuse,
Le craquement des mâts
Et le péril soudain des flottilles, là-bas,
Entre deux vagues monstrueuses.

Heureusement la vie en mer est dénouée :
Les mains du Christ restent dûment clouées
À sa croix d’or près des autels ;
Sur ces mains là, les vents mortels
N’ont point de prise,
Disent les vieux pêcheurs et les aïeules grises ;
Les cierges brillent blancs et clairs,
L’évangile chanté, le prêtre monte en chaire,
Les tempêtes, là-haut, précipitent leur marche,
Mais le curé,
Bonhomme et doux, se compare à Noé
Et son église, à l’arche.